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"Maman, est-ce que je peux tousser?"

Tout a commencé quand elle a eu deux ans: Camille* (aujourd’hui 8 ans) a été secouée par des quintes de toux violentes. Cellesci apparaissaient soudainement et duraient plusieurs heures. Les médecins d’alors n’ont pas pu déterminer l’origine de la toux. Le diagnostic de l’asthme fut un soulagement pour la famille après une longue période de souffrances.

«Maman, regarde comment est Minou», appelle Camille en train de rire et caresser le chat tigré roux qui s’étire voluptueusement sur les genoux de sa soeur Zoé*. «Heureusement que les poils de chat ne posent pas de problème pour Camille», raconte sa mère Aurélie Piguet*. À l’époque où Camille a commencé à tousser, la famille se sépara de deux chats, de peur que leur fille puisse être allergique aux animaux.

 

Cependant, même l’absence des chats, une maison fraîchement rénovée dépourvue de tapis et des draps spéciaux dans le lit de Camille ne firent aucune différence. Elle continuait de tousser. Et cela souvent pendant trois ou quatre heures sans interruption. «Les hivers étaient particulièrement rudes», se souvient sa mère. «Pour nous c’était normal que Camille tombe malade trois à quatre fois durant l’hiver et doive prendre des antibiotiques.» Même pendant les vacances, Camille devait consulter régulièrement un médecin parce que des quintes de toux la prenaient à l’improviste.

Les regards et les commentaires font mal

L’incertitude était particulièrement insupportable pour la famille. «Camille me faisait terriblement de la peine, je ne pouvais vraiment pas l’aider», considère rétrospectivement Aurélie Piguet. Camille sentait qu’elle était différente des autres enfants à cause de sa toux et cela la déconcertait. Les quintes de toux en public étaient quasiment insupportables pour elle. «Maman, est-ce que je peux tousser? », m’a-t-elle demandé une fois lors d’un loto quand elle dut tousser alors que le silence régnait dans la salle. Les regards et commentaires des personnes extérieures la firent beaucoup souffrir ainsi que ses parents. «Nous nous sentions souvent comme des parents indignes qui ne savent pas veiller sur leur enfant. Pour ce faire, nous avons épuisé tous les moyens», explique la mère de Camille.

 

Pendant des années, les symptômes de Camille ont été à chaque fois minimisés par le pédiatre qui les mettait sur le compte de la grippe. Toutefois, il était clair pour Aurélie Piguet que quelque chose n’allait pas. «Quand il s’agit d’une grippe, la toux disparaît, mais pas pour Camille.» Des tests pulmonaires et allergiques furent passés par la suite à l’hôpital. Les résultats des tests allergiques revinrent par ailleurs tous négatifs. C’est le froid, les pièces chauffées et les infections qui déclenchent la toux chez Camille.

 

Puis, le médecin de famille posa finalement le diagnostic clair: l’asthme. La famille se sentit soulagée. «Enfin la maladie avait un nom, enfin nous pouvions faire quelque chose contre elle», explique Aurélie, la mère, quand elle décrit le moment où ils apprirent le diagnostic. Et effectivement Camille réagit immédiatement très bien à la thérapie par inhalation. Après une longue période, la famille pouvait vivre à nouveau un hiver sans quintes de toux qui durent des heures.

 

Au début, Camille faisait ses inhalations chez son médecin de famille. Mais peu de temps après, la famille reçut un inhalateur de la Ligue pulmonaire. Camille fait ses inhalations aujourd’hui chez elle. «Camille a regagné une grande qualité de vie et nous savons enfin ce que nous pouvons entreprendre », poursuit sa mère. En plus, ils n’ont plus besoin de limiter les activités de la fillette. Elle peut à nouveau passer la nuit chez des amies, faire du sport et mener simplement une vie normale. Toutes ces choses qui autrefois ont été gâchées à cause de ses quintes de toux imprévisibles.

Avec sa soeur en camp de sport

«J’aime bien nager», raconte Camille qui pourra bientôt profiter à nouveau à fond de l’eau, son élément préféré. «Camille peut aussi se rendre maintenant au camp de sport de Macolin», annonce sa mère. La Ligue pulmonaire a récemment attiré son attention sur ce camp. Même sa grande soeur Zoé peut venir. «Mais seulement si elle se tient bien», complète malicieusement Camille, mais avec fermeté.

 

Depuis le diagnostic, la Ligue pulmonaire a été une aide précieuse pour la famille. «Les collaborateurs de la Ligue pulmonaire nous ont montré comment on utilise correctement l’inhalateur et ils nous proposent tous les ans de le réviser», explique Aurélie Piguet en décrivant les conseils. «Nous avons remarqué que nous ne sommes pas seuls. De nombreux enfants ont de l’asthme, certains encore plus sévère que celui de Camille», poursuit la mère. La famille est ravie de constater à quel point elle a bien réussi à contrôler son asthme. Les inhalations font aujourd’hui simplement partie du quotidien de Camille. «Elle y pense souvent d’elle-même», dit la mère en complimentant sa fille indépendante.

 

«Nous avons accepté que c’est ainsi et que nous pouvions bien nous débrouiller de cette situation.» Bien sûr Aurélie Piguet espère que l’asthme disparaîtra un jour avec le temps. Toutefois, aussi longtemps que Camille pourra vivre sans restriction comme aujourd’hui, c’est bien pour elle.

 

Karina Turek,

journaliste, Berne

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