Le syndrome de Goodpasture est une affection très rare, mais dangereuse, qui apparaît sans prévenir et peut provoquer des lésions pulmonaires ou rénales. La maladie est provoquée par des anticorps qui se dirigent contre certaines structures des poumons et des reins. Le tabagisme favorise l’apparition de la maladie.
En Suisse, trois à quatre personnes développent un syndrome de Goodpasture chaque année. Deux tiers des patients ont entre 16 et 25 ans. Les mécanismes de la maladie sont complexes. Le tabagisme joue un rôle important: jusqu’à 90 % des patients sont fumeurs. L’inhalation de cocaïne, de marihuana ou de vapeurs d’hydrocarbures peut aussi contribuer à l’apparition de la maladie.
Une prédisposition génétique semble également jouer un rôle. Toutefois, le principal facteur d’apparition du syndrome de Goodpasture est la présence d’anticorps dirigés contre certaines structures normales de l’organisme (membranes basales).
Attaque du système immunitaire
Les membranes basales sont des structures microscopiques que l’on trouve dans de nombreux tissus de l’organisme. Elles forment une armature pour les cellules de revêtement, qui tapissent les parois internes des organes tels que l’estomac et l’intestin, les poumons, les vaisseaux sanguins, les glomérules rénaux et les alvéoles pulmonaires.
Les membranes basales sont constituées de collagène, dont il existe plusieurs types. Les membranes basales des glomérules rénaux et des alvéoles pulmonaires sont constituées de collagène de type IV avec une protéine appelée chaîne alpha 3. Dans le syndrome de Goodpasture, l’organisme produit des anticorps dirigés contre ces chaînes alpha 3. Les anticorps se fixent à cet endroit et endommagent les membranes basales.
Dans les reins, une telle lésion (glomérulonéphrite) peut provoquer une défaillance rénale aiguë en quelques jours. Dans les poumons, la lésion des membranes basales des alvéoles pulmonaires peut provoquer une hémorragie.
Un diagnostic rapide de la maladie est important
Les patients atteints du syndrome de Goodpasture ressentent un essoufflement, une toux et des expectorations de sang. De grandes quantités de sang peuvent s’accumuler dans les poumons en un temps très réduit, ce qui provoque une anémie et une absorption réduite de l’oxygène. L’atteinte rénale n’a pas de symptôme au début et ne peut être diagnostiquée que par une analyse de sang. Un examen d’urine peut révéler une perte de globules rouges et de protéines, qui indique une lésion des glomérules rénaux.
Figure 1A: radiographie pulmonaire normale
Figure 1B: radiographie pulmonaire dans un syndrome de Goodpasture